Créez votre papeterie gaufrée par embossage à sec

J’aime beaucoup le papier gaufré, c’est raffiné et délicat surtout quand on l’utilise avec parcimonie. Un Monogramme, un motif géométrique, un logo, un texte ou un mot seront mis en valeur de façon élégante.

Il existe du matériel plus ou moins sophistiqué pour réaliser un gaufrage ou embossage fait-maison. On peut commander une presse sur mesure avec son logo pour une entreprise ou des initiales pour un mariage par exemple. Mais c’est un investissement important. Certaines machines « scrapbooking » offrent aussi cette possibilité, encore une fois il faut prévoir un budget.

Mais comme à mon habitude je m’intéresse essentiellement aux techniques simples et abordables, autant par rapport à la facilité de mise en œuvre que par rapport au coût. C’est pourquoi ce nouveau tutoriel traite de l’embossage à sec avec un minimum de matériel, c’est bluffant !

1. L’embossage, qu’est-ce que c’est ?

L’embossage est une technique qui permet « d’imprimer » un motif en relief sur un matériau-support « déformable » comme : le papier, certains cartons, le cuir, le tissu, le métal en feuilles. Sur une face, le motif sera creux, et sur l’autre face il sera en volume.

On peut aussi parler de gaufrage (papier, tissu, carton),  ou estampage (papier, carton, feuille de métal).

Pour un embossage manuel, on utilise plus généralement le papier, mais le métal fin en feuille peut aussi être utilisé. Vous avez certainement fait ce type d’activité à l’école primaire, embosser du métal fin (un peu plus épais que du papier aluminium)  est un jeu d’enfant !!!

Avec une machine et des plaques à embosser adaptées (Sizzix BIGkick) on pourra même embosser des plaques en laiton pour réaliser des bijoux notamment. L’avantage est d’avoir une grande variété de motifs, et une facilité d’utilisation par rapport aux poinçons à frapper par exemple.
Les professionnels peuvent aussi embosser le cuir, des cartons, des feuilles de métal relativement épais.

Il existe différents types d’embossage, attention, je ne suis pas spécialiste mais en gros :

  • embossage ou estampage professionnel : à chaud , à sec (marquage par pression entre 2 matrices), au laser (altérera la couche supérieure du matériau).
  • embossage à chaud version scrapbooking, c’est « un effet » gaufré selon moi. Car le but premier de l’embossage me semble t’il est d’obtenir un relief (creux ou bosse) dans la même matière que le support. Mais peut importe, le principal est d’arriver au résultat que l’on recherche 😉 Cette technique consiste à chauffer une poudre (préalablement appliquée sur un motif encré) qui gonflera sous l’effet de la chaleur. On peut ainsi faire des finitions très variées.
  • embossage à sec :
    • avec machine type Cuttlebug et Sizzix
    • avec une presse manuelle (ressemble à une perforatrice pour les petits modèles)
    • avec des poinçons à frapper (pour le métal ou le cuir)
    • avec des stylets.
      Selon l’outil employé on pourra embosser des matériaux plus ou moins épais, de façon plus ou moins fine.

L’embossage à sec avec stylet est une technique manuelle, c’est pourquoi elle est la moins onéreuse. Mais comme on n’a rien sans rien, cela vous demandera un peu de patience (et parfois de l’huile de coude) mais le résultat est tout à fait satisfaisant.

NB : avec l’embossage à sec vous pouvez parfaitement encrer le motif si vous voulez qu’il soit d’une couleur différente du papier… Vous pourrez choisir de faire apparaitre le creux ou le relief, selon le rendu désiré.

2. Comment faire ?

a) Préparation :

Tout d’abord vous aurez besoin d’une matrice, elle devra représenter le motif que vous voulez imprimer. Selon son épaisseur vous obtiendrez un volume plus ou moins profond.Pour servir de matrice, on peut utiliser ce que l’on trouve, à partir du moment ou le motif est en relief d’au moins quelques mm comme :

– plaques à embosser (en général en plastique) : souvent destinées à être utilisées avec une machine de la même marque, vous pouvez tout à fait les utiliser avec un stylet sans avoir de machine.

L’avantage est qu’elles sont bi-face. En effet pour embosser avec une machine on met le papier en sandwich entre 2 plaques qui sont le négatif l’une de l’autre. Le motif s’imprime dans le papier grâce à la pression. Le motif obtenu avec stylets sera alors différent selon si l’on utilise la plaque creuse ou la plaque en volume (voir en bas de page). Mais attention aux plaques avec texte, le sens du texte est important donc dans ce cas on ne pourra utiliser que la plaque en creux.

– pochoir en plastique ou en métal : j’ai recyclé mes vieilles règles qui servaient à écrire des textes « proprement » à l’époque ou l’ordinateur et l’imprimante n’étaient pas dans toutes les maisons. Et oui, ça ne me rajeunit pas… Mais apparemment on en trouve encore sous le nom de trace-lettres (marque Minerva, maped…)Vous voyez que la matrice peut être évidée, ce qui m’a donné l’idée de la 3ème solution « faite-maison »

– pochoir fait-maison en carton : à l’aide d’une perforatrice ou d’un cutter, créez le motif de votre choix dans du carton rigide.

b) réalisation :

Vous devrez placer votre papier à l’envers sur la matrice, et appliquer le stylet dans le creux du motif pour déformer le papier. Attention, il ne faut jamais appuyer fortement, vous risqueriez de perforer le papier ou de faire un marquage peu soigné.

Je vous conseillerai de commencer avec un embout de taille moyenne par rapport à votre motif, pour faire apparaitre grossièrement le motif. Une fois que vous y voyez plus clair, vous pouvez affiner le motif avec un embout plus petit. N’utilisez pas un embout trop petit pour les grandes zones « vides », il est alors préférable de prendre un embout plus gros pour ne pas faire de traces irrégulières sur le papier.

Passez sur les bords du motif à la fin avec un petit embout pour faire un marquage propre et net.

   
   

Pour cet exemple j’ai utilisé du papier kraft et une matrice Spellbinders en plastique.

Il faut noter que l’on embosse au dos du papier, ce qui fait un marquage en creux. Quand on veut faire un motif qui a un sens de lecture (comme une typographie), il ne faut pas oublier que le motif de la matrice doit être à l’envers. Idem si vous faites votre propre pochoir.

Si vous utilisez un trace lettres, il suffira de le retourner. Et pour écrire un mot lettre par lettre, il faut être bien concentré pour commencer dans le bon sens et par la bonne lettre 🙂 Mais vous le verrez aisément au 1er essai, c’est comme couper des angles pour un cadre ou une plinthe. On croit toujours avoir compris le principe mais on se trompe une fois sur 2 😉

Faites bien un essai au préalable, c’est le plus simple. (NB : vous pouvez utiliser une table lumineuse pour voir votre motif au travers du papier, ou bien le faire contre une vitre si vous êtes assez à l’aise pour travailler verticalement)

Une fois l’embossage terminé on retourne le papier, le motif est dans le bon sens et en volume.

c) complément d’informations :

Selon la matrice que l’on trouve ou que l’on fabrique, on peut donc obtenir des résultats différents :

Dans ces exemples, j’ai utilisé des matrices en plastiques pour machine à embosser. Elles ont donc 2 faces, l’une avec le motif en creux, l’autre avec le motif en relief.

Voici le résultat (une fois le papier retourné) :

– les 2 exemples en haut sont 2 résultats issus du même motif (matrice Sizzix). A gauche, j’ai utilisé la matrice avec les points en creux. A droite j’ai utilisé la matrice avec les points en relief.

– l’exemple ci-dessous avec le f montre les 2 résultats obtenus avec le même motif lettre. A gauche, j’ai utilisé la matrice avec la lettre en creux. A droite j’ai utilisé la matrice avec la lettre en relief.

Voici ce que peut donner un embossage avec une matrice évidée (trace lettres ou pochoir fait-maison) :

J’ai utilisé du papier blanc pour imprimante et une étiquette en papier léger (existe en différents formats, colori blanc ou beige).

On peut ainsi marquer un tas de de supports différents, à partir du moment où l’on peut retourner le papier. Enveloppes, boites, étiquettes, cartes, menus, sachets…

Laissez libre cours à votre imagination…

Coeur d’artichaut©

20 réponses

  1. Je suis ravie d’être venue sur ce site. Je n’ai jamais fait d’embossage mais je vais essayer.
    J’avais pensé à mouiller du papier à dessin (genre buvard), l’humidifier le plus possible, et sur une planche à repasser poser, par exemple, une dentelle suffisamment en relief en dessous et…. repasser le tout avec un fer à repasser chaud…. mais c’est sans doute très très rustique et bestial, je ne suis pas sûre du tout du résultat. Sinon, j’essaierai en suivant vos conseils bien expliqués.
    Merci, Brigitte.

    • Votre technique est très inventive, j’aime beaucoup 😉 Je vous encourage à essayer, c’est une piste intéressante et expérimenter est toujours passionnant je trouve. L’embossage à sec est certainement plus simple à mettre en oeuvre mais il ne vous permettra pas de reproduire le motif d’une dentelle, à moins d’avoir reproduit ce motif en linogravure et de vous en servir de matrice ? Ah vous me donnez des idées… Merci

  2. Bonjour,

    Merci pour ce tutoriel complet, je fait mes faire part et j’avais envie d’y mettre des lettres en reliefs … sans rien y connaître ! Je vais donc pouvoir me lancer.
    Juste une petite question. Le pochoir fait maison peut être fait sur une feuille style canson (un peu plus épais qu’une feuille classique) ou il vaut mieux du papier plus épais ? Lequel ?
    La feuille sur laquelle on fait les lettres doit avoir un grammage minimum pour ne pas percer ?
    (Bon en fait ça fait plus qu’une petite question mdr)

    Merci beaucoup

    • Bonjour,

      le mieux est de faire vos propres essais pour déterminer le support idéal pour le pochoir et pour vos faire parts. J’indique dans mon tutoriel ce que j’ai utilisé mais il est possible de tester d’autres papiers ou cartons.
      Rappel :
      – pochoir en carton, j’avais pris de la cartonnette assez épaisse, essayez avec ce que vous avez sous la main, peut-être qu’un emballage alimentaire ferait l’affaire par exemple ?
      – tests réalisés sur du papier kraft, sur du papier pour imprimante classique, sur une étiquette en papier léger. Il faut simplement que le papier soit suffisamment souple pour marquer l’empreinte sans avoir besoin d’une presse et qu’il ne perce pas en effet. Mais comme vous le voyez j’ai utilisé du papier pour imprimante sans le percer, je ne pense pas que vous ferez des faire parts avec un grammage inférieur.

      Merci pour vos compliments, bons tests 🙂

  3. Bonjour
    Merci pour cette technique « maison » car pour un premier essai, je n’avais pas envie  »investir dans une machine. Y a plus qu’à….
    Merci d’avoir partagé pour les débutants

    • et l’avantage c’est le prix ? parce que je ne crois pas que tout le monde ai ce genre d’outil à la maison 😉
      Bien sûr on peut embosser avec ce qu’on veut qui a un embout rond (par exemple un stylo à bille qui n’a plus d’encre), mais l’avantage d’avoir un outillage « fait pour ça » c’est d’avoir plusieurs tailles d’embouts différentes, ce qui permet une grande liberté de motif contrairement à si l’on n’a qu’une seule dimension.

  4. Bonsoir de Belgique… Un petit truc pour éviter les traces ‘nacrées’ de l’embossoir sur le papier afin d’obtenir un résultat parfait des deux côtés, c’est d’installer un morceau de vieseline entre la matrine et le papier. Créativement vôtre…

  5. Bonjour! Quel bonheur que ce tutoriel!!! Toujours aussi riche d’explications claires et simples!Toujours autant de créativité!!! Et toujours ce goût pour le « Fait main » !!! Merci de partager votre talent ainsi! Belle journée!

  6. Bonjour,
    Comme à chaque mail de votre part, nous découvrons de très belles réalisations.
    Des explications très simples,précises que du bonheur.
    À très bientôt.

  7. J’ai découvert cette technique lors d’un voyage au Canada quand on m’a présenté une autre autre technique , celle du pergamano qui nécessite aussi des stylets ! Je les ai un peu (beaucoup ) délaissés depuis quelque temps mais ce billet me donne envie de m’y remettre ! Merci pour le partage.

  8. Je pratique déjà de façon « artisanale », j’aime bien voir que je ne suis pas la seule à ne pas être munie d’une de ces belles machines…
    Bises
    Eliane

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