Suite à mes différents tutoriels sur les techniques de réalisation de bijoux avec de la résine (tôme 1, tôme2, tôme 3), j’ai proposé récemment dans ma boutique une résine présentée sous la forme d’une seringue. J’en parle d’ailleurs en détails sur mon blog d’actualités ICI.

J’ai testé ce nouveau conditionnement et par la même occasion cette résine, je suis conquise. La seringue est ultra pratique, la résine est magnifique et s’applique aisément avec un joli bombé (si on le souhaite). Que des avantages dont je souhaitais vous parler, tout en procédant à différents tests.
Résumé de la technique d’application & astuces dans la suite de l’article…

Je vous invite bien sûr à consulter mes différents tutoriels sur le sujet, tous les détails et questions fréquentes y sont abordés. Ceci n’est qu’un résumé de la méthodologie.
1. Petite présentation (plus de détails ICI) :
La résine ICE RESIN® est bien connue aux USA au travers des créations de Susan Lenart Kazmer. Elle a développé, sous la marque ICE RESIN®, une résine qui réponde à ses exigences de créatrice de bijoux, dont c’est la spécialité.
Je n’avais donc aucun doute sur la qualité de la résine, mais ce qui m’a tout autant séduite c’est le conditionnement. Comme je l’explique ICI, le fait qu’il y ai une « petite quantité » de résine me convient parfaitement, j’attendais donc de vérifier le côté pratique de la seringue, et le fameux rendu dôme revendiqué par la marque.
J’en ai profité pour tester différents vernis puisque c’est une question qui revient très souvent.
2. La préparation :
J’ai réalisé des tests sur supports dentelés ovales 25x18mm, j’aime beaucoup la bordure dentelée qui souligne la résine et leur profondeur est parfaite pour cet usage. Le principe est de coller une image au fond, puis la recouvrir de résine pour une jolie finition (voir tutoriel tôme 1).

- Découper l’image :
Astuce : pour un rendu pro et pour gagner du temps je vous conseille d’utiliser une perforatrice adaptée (perforatrice ovale 25x18mm), surtout pour un ovale, c’est beaucoup plus précis et pratique que la découpe aux ciseaux.
- Collez l’image au fond du support.
Dans ces exemples j’ai utilisé des stickers imprimés sur un joli papier Vergé (oiseaux, papillons, faune et flore), je n’ai donc pas eu besoin de colle cette fois-ci.
Astuce : Pour coller un ovale, bien centré par rapport à l’accroche du pendentif, je vous conseille de repérer l’axe vertical de l’image. Appliquez d’abord votre image à partir du point bas de cet axe (le point haut devant correspondre à l’attache du support). Vérifiez que l’image est bien droite par rapport au support, puis appuyer petit à petit le long de cet axe et de bas en haut jusqu’à ce que toute l’image soit collée.
- imperméabiliser l’image :
Cette étape est facultative, mais il est important de comprendre que cela a des conséquences sur l’apparence de l’image. En effet on peut appliquer la résine directement sur l’image sans imperméabilisation, cependant la résine imprègnera le papier. Le papier devient en général plus foncé et transparent, si cela n’altère pas l’encre cela peut faire un très joli rendu.
Mais si vous voulez une image qui conserve son rendu, ses couleurs, son contraste; il faut impérativement passer par cette étape.
Astuce : vernir l’image dans le support, il est important que la tranche du papier soit bien imperméabilisée. Ainsi vous créez une barrière étanche.
Bien évidemment le choix de l’imperméabilisant est délicat. Je ne peux tester tous les papiers, tous les vernis, toutes les résines, ni tous les cas de figure. Dans mes différents tutoriels j’ai essayé de vous donner les clés pour vous aider, mais rien ne vaudra vos propres tests.
Voici donc plusieurs variantes :

Avec une même image de départ : rendu sans vernis (a.), et rendu avec le vernis ICE RESIN®(b.).

On peut voir dans ces 2 exemples le papier original à gauche et le rendu avec de la résine sans vernis, le papier est plus foncé, c’est logique.
Puis tests avec différents vernis :
vernis glue n’seal inkessentials / vernis diamond glaze / vernis ICE RESIN®. Les 3 ont bien réagis, par de réaction bizarre avec la résine, les couleurs de l’image semblent relativement respectées dans les 3 cas.
Il semble tout de même que la colorimétrie soit légèrement différente entre l’image brute et l’image dans le support et sous la résine (le papier beige semble plus gris), je pense que c’est en parti lié à la radiosité et au fait que le bord du support influe sur la luminosité de l’image. En gros, on peut supposer que le support « fait de l’ombre à l’image », et que sa couleur influe sur celle de l’image (mettez une feuille blanche à côté d’un mur rouge, elle apparaitra rose; c’est le même principe).
Pour vérifier cette théorie j’ai verni une même image avec les 3 différents vernis, j’ai fait 2 tests (je ne vous les montrent pas en photo car les différences sont faibles et ça ne se voit pas bien en photo) :
1. papier ancien jauni par le temps et très très fin, avec texte imprimé en noir sur les 2 faces :
- diamond glaze : le papier fonce légèrement, donne du contraste, un peu brillant.
- vernis ice resin : le papier fonce légèrement, donne du contraste, un peu brillant. L’impression au dos apparait légèrement par transparence.
- glue n’seal : quasiment aucune différence entre la version non vernie et la version vernie, fini mat.
2. papier vergé imprimé (stickers utilisés pour tous ces tests) :
diamond glaze et vernis ice resin foncent et contrastent légèrement l’image, le vernis glue n’seal est quasiment invisible.
En résumé, l’action des vernis est beaucoup plus visible sur le papier ancien, parce qu’il est très fin. Si on fait un bijou sans vernir l’image, c’est comme cela qu’on obtient un joli effet de transparence avec un vieux papier (comme dans mon tuto tôme 2 ou dans cet article); ce qu’on pourrait appeler « un défaut » devient alors une qualité.
Il faut en général s’attendre à de légères variantes entre l’image de départ et le résultat avec résine. Mais cela dépend de nombreux paramètres comme le papier, le vernis, le support… L’important est surtout que le vernis n’altère pas l’image (en faisant baver l’encre) et qu’il ne réagisse par avec un des composants du support ou de la résine.
NB : Le vernis glue n’seal est tout de même très bluffant, probablement grâce à sa finition mate.
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Petit aparté : On peut voir sur cet exemple ce qu’il ne faut pas faire
Et oui moi aussi j’ai des ratages et la cause est toujours la même, trop pressée !.

Apparemment je n’ai pas correctement verni mon image car des zones sombres sont très vite apparues, puis plus tard de petits points.
Selon moi c’est la résine qui a traversé le papier, mon vernis n’avait pas dû être passé assez uniformément, ou alors il aurait fallu passer 2 couches.
De plus on voit une bulle en haut à droite. Rassurez vous, pas de bulles récalcitrantes avec cette résine, à condition d’être attentif !
J’ai quelques minutes par ci par là pour faire mes tests, du coup j’ai coulé ma résine et je suis allée vaquer à mes occupations…Et la bulle en a profité pour s’installer.
Astuce : il suffit de surveiller durant les premières minutes de prise, si une bulle apparait percez la ou évacuez la.
3. Coulage de la résine :
- Mélange du durcisseur et de la résine : on pousse sur le piston, grâce à ce système les 2 produits sont dosés; il n’y a plus qu’à mélanger (sans faire entrer d’air).
Astuce : Laisser reposer quelques minutes, c’est important pour que les bulles disparaissent.
Refermez la seringue avec le petit bouchon fourni avec.Vous pourrez réutiliser la résine et le durcisseur encore inclus dans la seringue pour une prochaine utilisation.
Astuce : la 1ère fois j’ai bien cru que je n’arriverais pas à mettre ce bouchon, ou que je n’avais pas compris le système. Mais il faut un peu insister sans appuyer sur les pistons, ça se met comme un légo et ensuite ça ne force plus.
- Couler la résine dans le support, à partir du centre. Répartir si nécessaire.
Astuce : comme les supports sont très petits il n’est pas pratique de verser dans le support à partir du contenant qui a servi à mélanger.
J’ai utilisé un bâton de glace pour mélanger ma résine (à défaut d’un compte goutte), mettez de la résine sur le bâton (comme si vous preniez du miel par exemple), versez la résine à partir du bâton.
C’est beaucoup plus précis qu’en versant à partir d’un gobelet par exemple.
- Laisser reposer le temps nécessaire au durcissement complet de la résine.

4. Réalisation d’un dôme :
A cause de sa viscosité, la résine crée naturellement un léger bombé quand on rempli un support d’une quantité légèrement plus importante de résine que ce que le support peut contenir (voir schéma 2. ci-dessous). Cependant c’est un effet minime, suffisant pour faire une jolie finition mais pour un vrai dôme (sans moule), il faut procéder en 2 étapes.

En 1er plan, un support avec 2 couches de résine pour créer un dôme (tout comme sur les 2 exemples présentés en tout début d’article). En arrière plan il n’y a qu’une couche bien remplie comme sur le schéma 2. ci-dessous.
Pour un joli dôme :

- Ne pas remplir complètement le support. S’arrêter juste avant que cela bombe (schéma 1 ou niveau un peu plus bas selon le type de support).
- Attendre que la résine soit prise (dure).
- Préparer une petite dose de résine, et verser une belle goutte (schéma 3). Le but étant de garder cette forme de goutte.
Le schéma 2. correspond au résultat qu’on peut obtenir avec une seule couche de résine.
Astuce : je n’ai pas réussi à mettre une goutte en une fois, j’ai réparti la résine avec mon bâton tout en mettant une quantité suffisante de résine (à partir du centre). ça a très bien fonctionné. NB : quand on crée une goutte, le temps de prise est un peu plus long.
Mes conclusions :
Ne faisant que des bijoux en pièce unique, je n’ai pas besoin de faire de grandes séries et donc d’utiliser des produits en grande quantité. Je m’y mets ponctuellement avec souvent peu de temps et peu d’espace.
J’adhère donc à 100% à ce conditionnement, il permet de se mettre ponctuellement à la tâche sans avoir besoin de matériel ou de place. On n’est pas « obligé » de faire des pièces en quantité pour « rentabiliser » le temps de mis en place, et pour doser correctement.
Astuce : Je vous conseille pour la 1ère utilisation de prévoir plusieurs pièces à réaliser, car au début on ne sait pas quelle quantité de résine préparer, s’il en reste c’est dommage de la gâcher parce qu’on n’a pas préparé d’autres images et supports. De plus il est plus aisé de doser et mélanger pour une quantité par « trop petite » quand même.
Cette résine est assez chère par rapport au marché, notamment à cause de ce conditionnement, mais sa qualité est bien adaptée à la réalisation de bijoux de qualité professionnelle (transparence, bombé, dosage, temps de prise, pas d’odeur…).
La seringue m’évite de gaspiller du produit inutilement et de polluer avec ce que je n’utiliserais pas. Si j’avais à faire plus de bijoux je pense que cette résine me séduirait aussi en flacon, quand on prépare des séries ça n’est pas gênant de s’équiper ou de doser manuellement bien sûr (si c’est du 50/50 entre résine et durcisseur c’est simple). Mon enthousiasme est donc tout autant pour le produit en lui même que pour cette fameuse seringue, super pratique.
Je trouve que ça vaut vraiment le coup, mais comme d’habitude cela n’engage que moi !
Pour info, j’ai réalisé 6 pendentifs 25x18mm avec 18% du produit (pour une couche), on peut donc en conclure qu’on pourrait faire une trentaine de pendentifs de ce type avec une seringue. ça fait moins de 0.50€ par bijoux, prix dégressif bien sûr si on utilise un conditionnement flacon.
Je note aussi que la seringue est pratique, mais quand on pousse au minimum les pistons on a quand même une quantité de résine qui peut permettre de faire plusieurs bijoux. Cela dépend de la taille et de la profondeur des supports, c’est une petite habitude à prendre.
Coeur d’artichaut©
INFO BOUTIQUE : la résine ICE RESIN® est désormais disponible aussi en flacon : |


